L’exercice s’est déroulé le mardi 7 avril dans les bâtiments désaffectés de l’ancienne base aérienne BA114, à Aix-en-Provence.
Cinq sites d’envergure sur lesquels travailler, près de 80 personnels mobilisés et plusieurs unités spécialisées sur le pont… Mardi 7 avril, les Pompiers13 n’ont pas chômé en réalisant une manœuvre Usar (Urban search and rescue) grandeur nature dans les bâtiments désaffectés de l’ancienne base aérienne BA114, à proximité de l’École nationale des sapeurs-pompiers de France à Aix-en-Provence.
Organiser la continuité du chantier
« L’objectif de cette journée est de répéter ses gammes mais aussi d’habituer les équipes à se désengager d’un chantier longue durée alors qu’il reste du travail sur place », résume le capitaine Hervé Bovo, référent départemental Usar pour les Pompiers13. De quoi justifier une manœuvre d’une durée totale de 16 heures, avec des rotations pouvant aller d’une heure et demie à plus de quatre heures selon les équipes engagées.
Parmi elles, le Secours en milieu périlleux et montagne (SMPM), un Pompier13 cynotechnique mais aussi les drones et les personnels de santé. Parfait pour pratiquer main dans la main les techniques d’étaiement, indispensable pour sécuriser les structures fragilisées, tout en apprenant à passer le relai. Surtout quand on simule un tremblement de terre ravageant une ville entière.
« La passation des équipes est primordiale. Il faut qu’elle se passe le mieux possible, c’est un travail de minute », argumente le président des Pompiers13 Richard Mallié face aux médias venus nombreux pour couvrir cette séquence. « Au-delà des recherches, notre intérêt est aussi d’assurer la sécurité de l’ensemble des sapeurs-pompiers », complète le colonel Franck Briend, directeur départemental adjoint du Sdis 13. « Il faut organiser la continuité du chantier, tant par la relève des personnels que par leur sécurité. »
Un radar qui sauve des vies
Autre point fort de cette grande journée, l’utilisation du nouveau radar de détection de victimes, dont les Pompiers13 sont les seuls en France à en être équipé avec les unités militaires spécialisées. Acquis il y a quelques mois pour la somme de 40 000 euros, l’engin renfermé dans une petite mallette orange s’appuie sur une technologie de pointe pour identifier des « poches de vie », comme la respiration, à travers certains matériaux et orienter précisément les recherches.
« Chez les Pompiers13, 22 agents Usar sont spécialisés dans le maniement de ce radar et dans son interprétation », relève le président Mallié, donnant un exemple concret de son utilisation. « En Turquie, ils ont trouvé 12 personnes, dont une vivante six jours après grâce à ce radar. Il s’agit d’un outil supplémentaire permettant de sauver des vies, mais aussi d’assurer la sécurité des pompiers qui ne s’engagent que lorsque c’est nécessaire. »
Au-delà de répéter ces gammes, cette journée a permis de mettre en avant la synergie entre l’Homme, les chiens et l’usage de la technologie. C’est aussi une façon de rappeler le vaste champ des missions des Pompiers13 mais aussi de leurs spécialités. Dans les Bouches-du-Rhône, Usar, qui est certifiée INSARAG (référence mondiale en matière de secours en milieu effondré) est composée de 110 personnels formés, dont 50 immédiatement projetables à l’international, comme ce fût le cas avec le cyclone Chido et la tempête Dikeledi à Mayotte, il y a un peu plus d’un an.
Le capitaine Bovo, missionné pour ces événements climatiques majeures, l’avait très bien rappelé à l’époque : « Le sapeur-pompier en France est une composante du système de Sécurité civile et donc un élément contributeur à la résilience et à un retour à la vie normale. L’interservices fonctionne plutôt bien et on a une capacité d’adaptabilité directe. »
L’exercice de ce mardi 7 avril a permis – une nouvelle fois – de le prouver.
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La manœuvre en vidéo



