Des ruches sont installées depuis plusieurs années dans certains centres d’incendie et de secours du département afin d’agir sur le bien-être en caserne mais aussi de préserver la biodiversité.
C’est une action qui dure depuis plus de cinq ans et à laquelle les Pompiers13 demeurent attachés : celle d’avoir des ruches dans différents centres d’incendie et de secours du département. Un projet mené dans le cadre de la politique de RSO (Responsabilité sociétale des organisations) de l’établissement et qui a réuni encore plusieurs agents au centre de formation départemental (CFD), à Velaux, le 31 mars dernier.
Tout un protocole à respecter
« Depuis plusieurs années, nous mettons en place des apports de connaissances pour aider celles et ceux qui le souhaitent à conduire une ruche », explique l’adjudant Laurent Escaravage, Pompier13 à Arles, passionné d’apiculture et de facto véritable pilier dans le déploiement de ce projet d’établissement. « Les abeilles sont des êtres vivants. Il y a donc des étapes et tout un protocole à respecter. C’est pourquoi nous avons trois journées par an organisées au centre de formation départemental : une au printemps pour faire de l’apport de connaissances et revoir les bases, une au mois de juin où on fait un premier retour terrain et une en septembre où on partage nos expériences autour du miel récolté ! »
Pour les accompagner, les Pompiers13 peuvent compter depuis le début sur la présence de Barbara Laffon, apicultrice dans les Bouches-du-Rhône, qui ne rate jamais l’occasion de distribuer les bons conseils. « Je trouve ça super de voir qu’il y a toujours des gens motivés après toutes ces années, d’autant que ça correspond quelque part à l’ADN des sapeurs-pompiers. Ils sont investis dans des missions de protection de la nature et connaissent un petit peu l’abeille et le frelon de part certaines interventions. On m’a d’ailleurs raconté qu’il y a parfois eu des relations… piquantes sur le terrain ! », sourit-elle.
Piquée par cette passion – justement – il y a plusieurs années, Laurent Escaravage essaie de la transmettre au plus grand nombre chez les Pompiers13. « Cela m’est déjà arrivé d’emmener des collègues visiter des ruches avec leurs enfants pour leur faire découvrir un monde qui est un peu niche et pas ouvert à tous à la base. Mais une fois qu’on a mis le pied à l’étrier, ça part et ça apporte un plus, c’est-à-dire une connaissance qui va au-delà de l’univers des pompiers », se réjouit-il avant de remercier celles et ceux qui portent ce projet pour les Pompiers13. « Il y a vraiment eu un soutien hiérarchique dès le départ au sein de l’établissement et c’est important de le dire car cela nous a permis et nous permet encore de faire durer cette action dans le temps. »
Preuve en est en 2026 – et la symbolique est plutôt belle avec 13 unités opérationnelles qui ont souhaité avoir des ruches, à savoir : Gémenos, Trets, Côte Bleue Est, Aix-en-Provence, Aubagne, Les Saintes-Maries-de-la-Mer, Saint-Rémy-de-Provence, Arles, Fos-sur-Mer, Concors, Saint-Paul-les-Durance, La Roque – Charleval et le CFD. Les ruches ont commencé à être distribuées aux casernes concernées le 14 avril. « On a un groupe What’s App sur lequel on discute et chacun essaie d’amener sa petite pierre à l’édifice, que ce soit des gens débutants ou plus expérimentés », détaille l’adjudant Escaravage.
Parmi les Pompiers13 à se lancer dans cette activité, l’adjudant-chef Patrick Audra, du centre d’incendie et de secours de Saint-Paul-lez-Durance. « On a souhaité participer au projet de végétalisation des centres d’incendie et de secours donc le fait de prendre des ruches, ça fait un package en quelque sorte ! », explique-t-il avec humour. « Mais ça apporte un petit truc en plus. Et il faut dire que dans nos missions, il y a la protection de l’environnement. Donc quelque part, ça a du sens. Et on sait tous ce qui va arriver par la suite si on ne protège pas nos abeilles… ».
Une philosophie partagée par le sergent Jean-Philippe Silve, à Trets. « Sans polinisateur sur Terre, on n’est rien. Donc quelque part, on fait un acte citoyen en prenant ces ruches et libre à chacun ensuite de se sensibiliser sur la question », explique-t-il, avant de conclure : « Pour ma part, ça fait dix ans que je suis là-dedans, à côté de mon métier de sapeur-pompier. On a tous une sensibilité différente et ça me plaît de travailler avec le vivant. Les abeilles sont des êtres vivants donc il faut les respecter et s’en occuper. Et puis, à la fin, ça nous permet aussi d’avoir des moments de cohésion et de convivialité. Car tout le monde est heureux de se rassembler autour d’un pot de miel. »
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