Jeudi 5 mars, les sapeurs-pompiers du centre d’incendie et de secours de Salon-de-Provence ont mené une manœuvre au parking relais situé à proximité immédiate de la gare.
Organisé par le lieutenant David Avenas, chef de groupe à la caserne, l’exercice visait à placer les personnels dans des conditions proches d’une intervention réelle. « Le but était que le fourgon pompe tonne arrive sur place comme pour un feu de véhicule et que les équipes prennent en compte toutes les problématiques liées à ce type de site », explique-t-il. Le parking, partiellement couvert et réparti sur plusieurs niveaux, présente en effet des caractéristiques particulières pour les secours. Situé au contact direct des installations ferroviaires, il impose notamment une vigilance accrue face au risque électrique.
Un risque spécifique lié aux batteries électriques
« La façade est du parking est adjacente à la gare SNCF. Il y a des caténaires et lorsqu’on projette les lances, il faut faire attention à ne pas impacter ces câbles électriques », précise le lieutenant Avenas. La présence de bornes de recharge pour véhicules électriques et d’installations électriques sur site constitue également un facteur à intégrer lors de l’intervention.
L’exercice a permis aux équipes de travailler sur la prise en charge d’un incendie impliquant un véhicule électrique. Avec le développement rapide de ce type de motorisation, les sapeurs-pompiers doivent désormais intégrer de nouveaux risques opérationnels. « Il peut y avoir des reprises d’incendie plusieurs heures après sur les véhicules électriques. Même pendant le transport sur une dépanneuse, le feu peut repartir », souligne le lieutenant Avenas.
Les batteries peuvent en effet provoquer un phénomène d’emballement thermique, accompagné de dégagements de gaz toxiques. Ces particularités rendent l’extinction plus complexe et nécessitent une surveillance prolongée du véhicule après l’intervention.
La manœuvre a également permis aux équipes de mettre en œuvre les équipements de sécurité présents dans le parking, notamment les colonnes sèches. Ces conduites fixes permettent d’acheminer rapidement l’eau dans les étages d’un bâtiment lors d’un incendie. « La prévention nous impose de les utiliser lorsqu’elles sont disponibles, mais elles sont finalement assez peu mises en œuvre lors des manœuvres », explique le lieutenant.
L’exercice a ainsi mis en évidence un dysfonctionnement partiel du dispositif. « Le jet n’était pas idéal et nous avons constaté la présence de calcaire dans la canalisation. Cela montre l’importance de tester ces installations en conditions réelles ».
Les Pompiers13 ont également pris en compte l’ensemble des équipements techniques du site, comme le système de sécurité incendie (SSI), les caméras de surveillance ou encore la coupure générale de l’alimentation électrique au niveau du tableau général basse tension. Pour le lieutenant Avenas, ce type de reconnaissance opérationnelle est essentiel : « Ces manœuvres permettent de revoir l’attaque de feux de véhicules électriques, l’utilisation des colonnes sèches ou encore la gestion du risque électrique lié aux caténaires. Elles permettent surtout aux équipes de mieux connaître les lieux et d’anticiper les difficultés en cas d’intervention réelle. »


