Trois sapeurs-pompiers de Nouvelle-Calédonie sont venus en tant que saisonniers au centre d’incendie et de secours des Pennes-Mirabeau. Rien d’anodin quand on sait que le Sdis 13 et Nouméa ont tissé de forts liens il y a deux ans. Témoignages.
Ils s’appellent Waitronyi Wayewol, Paul Gorou et Eloi Salo. Tous les trois n’ont pas le même parcours et pourtant, ils partagent le même engagement en Nouvelle-Calédonie : celui d’être sapeur-pompier volontaire. Engagé quotidiennement « au pays », comme il aime le nommer, le trio a pris ses quartiers au centre d’incendie et de secours des Pennes-Mirabeau depuis fin mai pour participer à l’activité opérationnelle de l’été en tant que saisonniers. Un choix loin d’être anodin car la connexion avec les Pompiers13 existe depuis deux ans.
Un lien qui date d’il y a deux ans
« Tout part de la crise subie par la Nouvelle-Calédonie en 2024, avec les mouvements sociaux sur le territoire », résume l’adjudant Olivier Piazzo, Pompier13 aux Pennes-Mirabeau. « Il y a eu une demande de renforts faite par le centre opérationnel de la zone Sud. Étant Usar (Unité de sauvetage, d’appui et de recherche) avec certains collègues de la caserne et du Sdis 13, nous nous sommes proposés car nous sommes plus facilement projetables à l’étranger : nous avons les vaccins à jour, l’expérience du mode dégradé… Un détachement national s’est donc constitué et nous sommes partis là-bas. »
Sur place, l’adjudant Piazzo et les personnels Pompiers13 engagés sont intégrés à la caserne Normandie de Nouméa, où ils font la connaissance du caporal-chef Salo et du caporal Wayewol. « On leur a dit qu’on était à leur disposition, pour les aider », relate l’adjudant. Suivent quatre jours et quatre nuits intenses sur le plan opérationnel. « Nous avons enchaîné les interventions car le secteur était vraiment très mouvementé. Il y avait beaucoup d’émeutes, de feux sur des structures automobiles. On essuyait même des tirs, même si on savait que ce n’était pas nous qui étions visés mais nos collègues gendarmes. »
Face à ce contexte loin d’être idéal, il a fallu s’adapter. D’autant que la mission, qui devait initialement durer deux semaines, a finalement joué les prolongations, avec un rajout de 15 jours. Et c’est le lien humain qui a fait toute la différence. « Personnellement, j’ai pris une gifle. Et il en est de même pour mes collègues, pour en avoir discuté avec eux après », confie Olivier Piazzo. « On a rencontré un grand panel de gens, dans un mode très dégradé. Et pourtant, ils ont toujours eu le sourire, à nous donner ce qu’ils n’avaient pas… » De quoi nourrir une relation qui a perduré avec le temps.
« Le lien que l’on a créé avec ceux qui sont venus au pays il y a deux ans est toujours resté », sourit le caporal Wayewol. « Nous avons gardé contact et on voit que ce lien a perduré depuis que nous sommes aux Pennes », poursuit-il. Si le sapeur Gourou n’était pas encore pompier il y a deux ans, quand les Pompiers13 sont venus à Nouméa, lui aussi a ressenti un accueil chaleureux de la part de ses homologues. « Il y a un vrai échange », relève-t-il. « À titre personnel, je suis venu ici car je suis encore sapeur 2e classe. Je suis jeune et je recherche de l’expérience, comme mes collègues. Il y a une vraie démarche derrière tout ça car nous avons pris nous-mêmes nos billets pour venir ici. C’est une vraie motivation. »
Une motivation couplée à une découverte de tous les instants. « On a le même cadre, on parle le même langage mais il y a quand même certaines différences », reconnaît Waitronyi Wayewol. « Ici, il y a le mistral. Chez nous, quand il fait chaud, c’est plus l’humidité qui est présente lors de la saison feux de forêt. Et sur les moyens… Au moindre départ de feu, chez vous, beaucoup de moyens sont mis en place très rapidement. C’est très impressionnant. »
« Il y a aussi certains engins qu’on n’avait jamais vu auparavant », renchérit Paul Gorou. « Par exemple, chez nous, il n’y a pas de trains alors qu’ici, oui. Vous avez même des engins qui sont capables d’aller sur les rails ! ». Des différences qui ne freinent aucunement l’adaptation du trio aux Pennes-Mirabeau. « Ça en est même parfois surprenant », note Olivier Piazzo. « Ils sont à l’écoute, demandeurs, bosseurs… Sincèrement, ce n’est que du plaisir. »
Rien d’étonnant pour l’adjudant, qui enchaîne : « C’est dans les moments les plus difficiles que l’être humain sort ses plus belles facettes. Et avec ce que l’on a vécu chez eux, on a vraiment pu le voir. Et sincèrement, je tiens à remercier le Sdis 13 pour le soutien et la confiance qu’ils ont placés en nous il y a deux ans, sur cette mission. Le médecin-chef Christian Poirel, le directeur Jean-Luc Beccari… Tous ont facilité les choses. Même les services de l’ombre. »
« En repartant, on leur avait laissé des vêtements et des lampes de casques de nos propres paquetages car ils n’en avaient pas », ajoute Olivier Piazzo. Avant de conclure : « À notre retour dans les Bouches-du-Rhône, le service Habillement a refait des paquetages pour nous. On nous a redonné ce qu’on avait laissé là-bas. Donc je tiens à les remercier, comme celles et ceux qui ont permis qu’on rentre dans de bonnes conditions en France. »
Toutes les photos sont à retrouver sur le compte Flickr des Pompiers13



