Immersion le temps d’un après-midi au cœur de la vigie de Fenestrelles, entre Aubagne et Carnoux-en-Provence.
Dans la vie, Manon et Clément sont partenaires du quotidien depuis huit ans. Une complicité de tous les jours qui se retrouve jusqu’à la vigie de Fenestrelles, installée sur les hauteurs d’Aubagne et de Carnoux-en-Provence. Chaque été, le duo joue un rôle essentiel dans la détection des feux de forêt : celui de guetteur. « C’est ma sixième année. Et pour Manon, ça fait quatre ans », résume Clément au moment de faire une présentation des lieux lors d’une visite, le lundi 20 juillet 2026.
« Un mélange de patience et d’attention »
« Nous sommes dans une vigie journalière, c’est-à-dire que l’on reste la journée mais on ne dort pas sur place car elle n’est pas prévue pour ça », détaille le jeune homme. Et de poursuivre : « C’est une activité qui est très prenante. Parce qu’on a vrai rôle à jouer et ça prend une grande partie de notre été. C’est un mélange de patience et d’attention, il faut tout le temps rester en alerte sur l’horizon mais aussi sur les radios. »
« En 2026, nous avons 28 vigies qui sont opérationnelles sur l’ensemble du département des Bouches-du-Rhône », enchaîne Camille Lerda, chef du service Prévention anticipation feux d’espaces naturels au sein du Sdis 13. « Onze d’entre elles sont armées par des personnels Pompiers13. Le reste, ce sont les comités feux, les forestiers sapeurs et l’ONF. C’est de l’interservices mais c’est ce qui fait la force du dispositif. Cela permet aussi un maillage territorial important. »
Détecter, puis alerter en passant les bons messages radio : un quotidien estival « qui peut faire peur », reconnaît Manon. « Mais la clé est de rester calme et de ne pas paniquer. Nous sommes formés pour cela », renchérit-elle. « C’est un peu comme la bataille navale », continue Camille Lerda. « Nous avons tous la même carte DFCI. Et quand on indique des coordonnées sur la carte, chacun saura qu’il s’agit de tel périmètre en cas de départ de feu. On donne d’abord la commune, ensuite le lieu-dit. Puis, on précise au kilomètre près. »
Un savoir-faire au service d’un savoir-être. Car être guetteur, c’est avant tout un engagement pour la protection du département. Encore plus quand on a grandi, comme Manon, dans les Bouches-du-Rhône. « Je suis née à Marseille et j’ai passé une grande partie de ma vie du côté d’Auriol. Ici, c’est un peu chez moi. Donc quand j’entends qu’il y a des départs de feux, ça me touche personnellement. On est amoureux de notre territoire. »
D’autant que pour elle, comme pour Clément, c’est leur dernière saison en tant que guetteurs. « On est arrivés à la fin de nos études et on va rentrer dans la vie active. Notre emploi du temps ne sera donc plus compatible avec notre engagement. Donc on aimerait bien qu’un nouveau duo reprenne cette vigie l’année prochaine ! », lance Manon, qui a un dernier message à faire passer.
« L’un des feux qui m’a le plus marqué est intervenu cette année, début juillet. Il est parti en bordure de route à cause d’un jet de mégot et j’ai vu pour la première fois des sautes de flammes », raconte-t-elle. Avant de conclure : « Je trouve ça tellement rageant car ça aurait pu être évité ! Avec tous les messages de prévention qui sont passés et que l’on voit sur les autoroutes… C’est vraiment dommage de gâcher la nature pour cela. »
Toutes les photos sont à retrouver sur le compte Flickr des Pompiers13



