En janvier 2026, plusieurs étudiants de Master 1 de HEC Paris ont troqué les cours pour découvrir le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône.
Leurs mots sont forts, tout comme leurs expériences. Pendant plus de deux semaines, Pauline, Octave et Yanis se sont immergés dans le monde des sapeurs-pompiers. Ce partenariat avec le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône s’inscrit dans le cadre de l’Académie du commandement proposée par HEC et a pour but de faire découvrir un univers professionnel exigeant et méconnu.
Affectés au Sdis 13 parmi cinq départements possibles, les étudiants ont vécu une immersion totale : centres d’incendie et de secours, centre de traitement de l’alerte (CTA), centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis), École d’application de la Sécurité civile (ECASC), interventions au sein des véhicules de secours et d’assistance aux victimes (VSAV), formations de secourisme PSC… Une expérience qui s’est révélée être intense, humaine et formatrice.
La vie en caserne
Tous commencent par souligner la qualité de l’accueil. « J’ai été très bien accueilli en caserne, aussi bien par les professionnels que les volontaires », raconte Yanis. Pauline évoque l’engagement du colonel Margotto, « qui a tout fait pour que l’immersion se passe au mieux ». Les Pompiers13 « étaient très attentifs » et « fiers d’expliquer leur métier », ajoute-t-elle.
Mais que se passe-t-il en dehors des interventions ? « On participait à la vie de caserne : le sport, les dîners, la vérification du matériel, les regroupements du matin et le nettoyage de la caserne », relate Octave. « J’ai pu découvrir comment les équipes vivent et fonctionnent en groupe entre les interventions, avec une cohésion très forte », confie Yanis. Ce dernier explique qu’il a participé à plusieurs exercices qui lui « ont permis de prendre la mesure réelle de la difficulté du métier. »
Des découvertes enrichissantes
« J’ai aussi été confronté, lors de certaines interventions, à une forme de misère sociale que je ne soupçonnais pas forcément, ce qui m’a permis de mieux comprendre certaines réalités du terrain et de prendre du recul sur des situations humaines parfois très difficiles », témoigne Yanis. « Cette expérience m’a permis de réaliser la chance que j’avais d’être en bonne santé. Quand on est en intervention, on rentre chez les gens, dans leur intimité, et c’est assez marquant quand on voit quelqu’un faire un accident vasculaire cérébral (AVC) », assure Pauline. Octave, lui, s’attendait à vivre ce genre d’expérience. Après avoir assisté à un AVC, il reconnaît que « cela chamboule un petit peu. Les pompiers m’ont proposé leur aide. »
« Ces moments m’ont particulièrement marqué, car ils m’ont permis de comprendre, de manière très concrète, l’exigence physique, mentale et technique du métier de sapeur-pompier », poursuit Yanis.
Apprendre et réaliser
Réaliser cette immersion au sein des Pompiers13 constitue un véritable apport professionnel. Yanis salue le caractère pragmatique de l’approche des sapeurs-pompiers : « Chaque action a un objectif clair et immédiat : améliorer la situation sur le terrain. » C’est justement cette capacité à décider vite et clairement qui lui a semblé « à la fois très différente de ce que l’on voit parfois en entreprise et particulièrement inspirante. » Pour Octave, « le management d’une caserne, d’un centre d’appel ou d’un centre de crise chez les pompiers présente de nombreux parallèles avec le management en entreprise. » À une différence près : « manager une caserne, c’est comme manager une entreprise en crise. Sauf que chez les sapeurs-pompiers, la crise est constante car c’est justement leur métier : gérer l’urgence ».
Et à ceux qui se faisaient une idée préconçue du métier de sapeur-pompier, Yanis rétorque que « la réalité est beaucoup plus large et complexe. J’ai découvert que la grande majorité des interventions concerne le secours à la personne, et que les pompiers sont confrontés au quotidien à des situations humaines très variées, parfois socialement difficiles ». Ce métier repose aussi sur une méticuleuse organisation et une habile coordination. « On se ne rend pas compte à quel point il y a un travail énorme qui est fait derrière chaque intervention, et à quel point ce sont des processus précis, complexes mais très efficaces. C’est quelque chose dont on ne se rend compte que lorsqu’on est de l’autre côté du rideau », témoigne Octave. Yanis le résume bien : « le métier de pompier ne se limite pas à l’intervention, c’est aussi un engagement humain, collectif et organisationnel très fort. » Pauline souligne d’ailleurs qu’ils « sont tellement essentiels à la société, mais on ne sait rien d’eux. »
Une expérience qui se vit pleinement
À la suite de cette immersion, la volonté de s’engager en tant que sapeur-pompier volontaire se fait ressentir, même si cela reste difficilement compatible avec leurs études actuelles. « Lorsque j’aurai terminé mes études, j’aimerais beaucoup m’engager en tant que sapeur-pompier volontaire », confirme Yanis. « J’aimerais bien prendre un engagement en tant que volontaire […] Cette expérience m’a vraiment donné envie de participer, d’être citoyenne », affirme Pauline.
Leur verdict est unanime : cette immersion chez les Pompiers13 est une chance unique. Ce que retient particulièrement Pauline sont les échanges humains. « La vie en caserne est quelque chose d’unique : vivre en collectif, partager le quotidien entre interventions, entraînements et moments plus informels crée une cohésion très forte », acquiesce Yanis. Octave se trouve privilégié : « On a tous fait de super rencontres. J’ai même gardé contact avec des gens comme le colonel Margotto ou Mathis Savornin, qui sont deux personnes exceptionnelles. Ils sont à l’image de cette académie ».



