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JORDAN CHAMPIER : « LA FIBRE POMPIER NE M’A JAMAIS QUITTÉE »

Interview avec le sergent Jordan Champier, Pompier13 professionnel à Arles mais également sapeur-pompier volontaire à Marignane.

Peux-tu te présenter et nous en dire plus sur ton parcours ?

Je m’appelle Jordan, je suis Pompier13 professionnel à Arles et volontaire à Marignane.

Pompier, c’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. Il faut dire que je n’étais pas trop branché école ! Donc après le collège, je suis parti sur un certificat d’aptitude professionnelle plombier/chauffagiste, dans les métiers du bâtiment, puis j’ai commencé à travailler en tant qu’intérimaire pour une société de plombiers dans la Loire. Étant originaire de Roanne, je me suis engagé à 18 ans en tant que sapeur-pompier volontaire au centre d’incendie et de secours de la commune. Là, j’ai pu faire mes premières armes et ça a renforcé mon envie de faire ce métier.

Ayant toujours eu une fibre militaire – l’un de mes grands-pères était militaire et il me racontait souvent ses campagnes -, j’ai voulu m’engager au sein des pompiers militaires à Paris ou Marseille. Mais avant cela, j’avais envie de découvrir l’armée à proprement parler donc je me suis engagé pour un contrat d’un an dans l’Armée de terre, au bataillon des chasseurs alpins en 2007 à Bourg-Saint-Maurice. J’ai pu me confronter à la rigueur, à la discipline, à toutes ces valeurs qui – au fond – sont ancrées en moi depuis petit. Je me suis vraiment senti dans mon élément et à la fin de mon contrat, j’ai passé les sélections pour intégrer la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris ou le Bataillon de marins-pompiers de Marseille. J’ai eu un retour de Marseille en premier donc je suis parti pour le Bataillon… et ce n’est pas plus mal ! Niveau climat, on est plutôt bien, il fait bon vivre et il y a aussi une diversité d’interventions très intéressante compte tenu des différents risques sur le territoire des Bouches-du-Rhône.

En 2010, j’ai donc intégré la caserne de Saint-Pierre, dans laquelle je suis resté six ans. J’ai pu découvrir le rythme soutenu des interventions des marins-pompiers et évoluer dans un milieu à la fois intéressant et particulier du fait de la diversité sociale d’une ville comme Marseille. C’était une très bonne expérience pour moi avant de rejoindre le poste de la Pointe Rouge, où je suis devenu sauveteur aquatique et plongeur. J’ai eu la chance de suivre la formation de plongeur de bord de la marine nationale à Saint-Mandrier-sur-Mer, où l’expérience a été enrichissante sur le plan professionnel. Déjà parce que je me suis confronté à quelque chose dont je n’avais pas l’habitude -même si j’ai toujours aimé les activités nautiques – mais aussi parce que j’ai pu côtoyer des personnes de l’extérieur venues du GIGN ou de l’Armée de terre. Grâce à toute cette expérience acquise, j’ai pu armer la vedette de sauvetage SNSM, ce qui fait que j’ai pu aussi découvrir un panel d’interventions plus large avec des missions en mer.

En 2018, je me suis définitivement installé dans le Sud. Je comptais rentrer chez moi à la base mais j’ai rencontré ma femme qui est marseillaise et j’ai eu deux enfants… donc ce n’était plus possible ! Ce sont les belles aventures de la vie ! J’ai donc souhaité intégrer le Sdis 13 en tant que sapeur-pompier volontaire à Marignane et j’y suis toujours. Je me sens un peu comme chez moi. C’est une caserne dans laquelle il y a une âme, j’y suis très attaché. J’ai ensuite passé le concours de sergent professionnel en 2019 mais étant donné qu’il n’y avait pas de place pour moi dans le recrutement, j’ai également passé celui de caporal en 2022 pour pouvoir intégrer plus facilement un centre d’incendie et de secours. J’ai donc eu l’occasion d’aller à Arles, où j’ai été recruté en tant que sous-officier professionnel. Là encore, c’était une nouvelle et belle expérience car j’ai découvert la Camargue… Il faut dire que c’est un département dans le département, avec une activité opérationnelle qui est soutenue.

Ton parcours est riche, avec beaucoup d’expériences diverses… et tu as d’ailleurs une spécialité au sein des Pompiers13, où tu fais partie du Geld.

Tout à fait ! J’ai la chance de faire partie du groupe exploration longue durée (Geld) et encore une fois, c’est quelque chose qui correspond à ce en quoi je crois. Il faut être rigoureux vis-à-vis de soi-même, il y a un certain engagement, avec une notion de dépassement de soi car on part sur des interventions qui sont plus longues. Il y a aussi cet esprit de Corps et cette unité, qui est propre aussi à d’autres spécialités des Pompiers13.

Le Sdis 13 est très intéressant sur le plan des formations. Récemment, je me suis engagé dans le système feu et les tactiques de lutte sur des incendies de structure. C’est une thématique qui tend à se développer et ça aide à comprendre la nature même de notre métier. Je suis aussi très impliqué sur la thématique de sauvetage du sauveteur, où j’ai d’ailleurs participé au Survival Firefighter Challenge dans les Yvelines, en octobre dernier. C’est quelque chose qui m’intéressé pour être meilleur en intervention mais aussi assurer la sécurité des personnels.

Le fait de tout faire n’est pas forcément un gage de qualité. Mais on peut se perfectionner dans certains domaines et c’est pour ça j’ai choisi ces spécialités. La formation est importante car elle permet de maintenir nos acquis. Acquérir de la compétence est une chose, garder le niveau en est une autre.

Tu parlais de ton grand-père qui était militaire… Tu as des sapeurs-pompiers dans ta famille qui ont nourri ta vocation ou c’est venu de toi-même ?

Je n’ai aucun pompier présent dans ma famille ! Mais un peu comme tout le monde quand on est plus petit, j’avais cette fibre quand je voyais les camions rouges passer ou la grande échelle. Puis, il y avait les reportages à la télé où on voyait le feu, des femmes et des hommes qui sauvaient des gens. On se dit alors que c’est trop bien ! On admire ces gens qui se dépassent et on a envie d’en faire partie. La fibre pompier ne m’a jamais quittée et c’est la même chose pour la plupart des personnes avec lesquelles je travaille. On a ça dans le sang !

Quel conseil donnerais-tu à celles et ceux qui veulent s’engager et devenir sapeur-pompier volontaire ?

Quand on a envie de faire quelque chose, il faut essayer de le faire ! On n’a qu’une vie, le temps passe vite et si au fond de soi, on a envie, alors il faut ouvrir la porte et se lancer. Même si c’est dur au début. Parfois, on peut se découvrir avec le temps ou dans la difficulté. Mais au final, on grandit, on travaille sur soi et on évolue.

Tout ce que je peux dire, c’est que c’est un métier extrêmement enrichissant, avec de sacrées aventures humaines. Quand je suis rentré chez les pompiers, j’ai rencontré des gens inspirants qui te tirent vers le haut. Ça m’a donné envie d’être comme eux au fil de mon parcours, avec de la rigueur, de l’exemplarité mais aussi de la bienveillance.

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