Ces deux incendies, qui se sont déclarés à quelques minutes d’intervalle le soir du 1er juillet, ont nécessité la surveillance des Pompiers13 tout au long du week-end.
Au même titre que les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Hérault, le Gard et le Vaucluse, le département des Bouches-du-Rhône était placé en alerte rouge, mercredi 1er juillet 2026, concernant le risque feux de forêt. Les prémices d’une journée qui s’annonçait dense sur le plan opérationnel… et qui l’a été jusqu’au bout de la nuit, avec deux incendies de grande ampleur qui se sont successivement déclarés à Rognac et Lançon-Provence.
L’appui précieux des moyens aériens
Le soleil entamait son coucher lorsque l’alerte est donnée. Alors qu’il se rendait sur l’incendie de Rognac, le lieutenant-colonel Jean-Christian Tsalichis doit changer d’itinéraire. Direction La Fare-les-Oliviers, où sera installé un poste de commandement, afin qu’il puisse prendre la direction des opérations de secours pour un feu virulent parti en pleine zone d’espaces naturels à Lançon-Provence. Face aux personnels mobilisés, un feu évoluant dans des conditions météorologiques défavorables. « Le vent était violent et tournant, ce qui a contribué à une propagation rapide du sinistre », raconte au petit matin le commandant des opérations de secours au moment de faire un premier résumé « d’une nuit éprouvante pour tous les pompiers. »
« Nous avons engagé massivement de nombreux moyens, avec notamment 220 sapeurs-pompiers, pour remplir l’objectif prioritaire qui était de protéger les habitations situées près du massif sur la commune de la Fare-les-Oliviers », poursuit Jean-Christian Tsalichis. Si 600 personnes ont été évacuées après activation du plan communal de sauvegarde, aucune habitation n’a été endommagée et aucune victime parmi la population n’est à signaler grâce à l’intervention rapide et massive des Pompiers13, appuyés par les marins-pompiers de Marseille, des colonnes de renfort extra-départementales, italiennes et des moyens aériens qui ont repris leur chantier très tôt le lendemain.
Un travail d’autant plus précieux qu’il y avait également l’incendie de Rognac, à quelques kilomètres de là, qui était mobilisateur en ressources aériennes. « Nous avons dû faire face à la simultanéité des sinistres qui rendait les choses plus complexes et nous mettait en difficulté opérationnelle », indique Jean-Christian Tsalichis. « Dans la logique d’agir sur les feux naissants en priorité, nous avons demandé et obtenu en quelques minutes le déroutement des moyens aériens de Rognac vers Lançon-Provence. »
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« Des gestes d’imprudence inadmissibles »
Après plusieurs heures de lutte intense, le feu finit par être fixé à 280 hectares mais va nécessiter plusieurs jours de surveillance pour traiter les réactivations de lisières. « Le vent ne baissera pas et les hydrométries ne vont pas beaucoup remonter donc les conditions ne sont pas très bonnes », indique le lendemain après-midi le commandant Nicolas Rabouin, prenant la suite des opérations de secours. « Une réactivation peut toujours surprendre et il faut rester prêt pour pouvoir la traiter avant qu’elle ne prenne plus d’ampleur. »
Dans la nuit du 5 au 6 juillet, un dispositif de surveillance était encore maintenu… de même qu’à Rognac, sur cet incendie qui s’est déclenché seulement quelques minutes avant celui de Lançon-Provence. En cause, un important feu de végétation nécessitant là encore l’emploi d’importants moyens terrestres et aériens pour parvenir à fixer ce feu à 35 hectares, avec plusieurs traitements des réactivations sans difficulté particulière le lendemain. Plusieurs habitations ont pu être préservées grâce à l’action des personnels de secours mais deux entreprises de la commune ont été touchées par les flammes, virulentes et poussées par des conditions météorologiques une nouvelle fois très défavorables.
Pour le contrôleur général et chef de Corps des Pompiers13 Jean-Luc Beccari, ces trop nombreux départs de feux des derniers jours sont aussi l’occasion de rappeler que chacun est responsable dans la lutte contre les feux de forêt. « Ces gestes d’imprudence sont inadmissibles. Malgré tous nos appels à la prudence, on a encore eu des feux de départ de route dans la journée (soit le 1er juillet), qu’il faut clairement appeler jets de mégot. Avec tout le tapage que l’on fait en termes de prévention, c’est inadmissible que l’on puisse encore avoir ces gestes d’imprudence dans notre département. J’en appelle, une nouvelle fois, à la vigilance de tout le monde. »
Au total près de 400 sapeurs-pompiers du Sdis 13 et des marins-pompiers de Marseille sont intervenus sur ces deux fronts dès le premier soir, sans oublier les colonnes de renfort. Deux Canadair, deux Dash, un hélicoptère bombardier d’eau lourd (Puma) et deux autres hélicoptères étaient également mobilisés sur ce sinistre.
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