Retour sur l’intervention du 18 janvier à Pélissanne avec les témoignages de plusieurs intervenants, dont ceux du Groupe exploration longue durée (Geld), mobilisé sur ce sinistre.
Dimanche 18 janvier, à Pélissanne. Il est 19h04 quand les Pompiers13 sont alertés pour une explosion suivie d’un incendie dans le parking souterrain d’une résidence comprenant trois immeubles. Le chantier le plus dimensionnant de ce début d’année 2026 prend alors rapidement forme, mobilisant de nombreux moyens spécialisés. Récit d’une longue, très longue nuit…
Un chantier à organiser
« Lorsque nous avons été alertés, il y avait une notion d’explosion assez importante », raconte le lieutenant Maxime Arnaud, adjoint au chef de centre à Pélissanne et présent sur les lieux. « Nous avons immédiatement compris que ça allait être une intervention d’envergure », poursuit-il. « Quand je suis arrivé sur place, j’ai fait le point avec le premier chef d’agrès et il m’a raconté que les gens avaient évacué car leurs appartements avaient tremblé », enchaîne le lieutenant Gilles Gerbal, chef d’unité Groupe exploration longue durée (Geld) sur ce chantier. Et de continuer : « Au départ, tout le monde pensait à la chaudière mais il s’est avéré que ce n’était pas le cas. »
Rapidement, les Pompiers13 comprennent que les enjeux se situent ailleurs, dans le parking sous-terrain. À l’extérieur, le lieutenant Arnaud s’affaire. Il y a tout un chantier à organiser. « Dès mon arrivée, je suis allé voir le commandant des opérations de secours, le capitaine Vincent Falorni, pour lui demander ses besoins », détaille-t-il. « J’ai pris le rôle d’officier de liaison auprès des autorités municipales, qui se sont rendues sur place, et j’ai également été chargé de trouver un emplacement pour installer le poste de commandement. Vu que nous étions dans une zone où la circulation des engins est compliquée, avec une accessibilité contraignante par les petites rues, nous avons finalement opté pour le mettre sur le parking du club de tennis. »
En plus d’assurer la liaison avec les autorités municipales et les forces de l’ordre qui sont également intervenues sur les lieux, le lieutenant Arnaud a apporté son concours sur « la problématique des animaux de compagnie qui pouvaient encore être dans les appartements. En lien avec le chef d’agrès de l’échelle de Salon-de-Provence et les équipes, nous avons mené toutes les reconnaissances pour s’assurer qu’aucun animal ne soit menacé par les fumées », explique-t-il.
Le Geld se joint au dispositif
Cette organisation bien huilée permet aux Pompiers13 d’envisager les bonnes options pour réaliser la meilleure intervention possible. Mais au regard de l’envergure du sinistre auquel ils font face, l’apport du Geld pourrait être bénéfique dans la réussite des opérations. C’est à ce moment-là que le capitaine Maxence Raymond, chef du centre d’incendie et de secours de Vitrolles, entre en scène. « Je n’étais pas de garde ce soir-là mais on a un groupe What’s App entre nous et je vois qu’il y a cette inter’ qui tombe. Je me suis proposé d’y aller car ils avaient besoin de monde et j’habite à Pélissanne. Ça a été validé par la chaîne de commandement et le temps que le lieutenant Gilles Gerbal – qui était de garde à Aubagne – arrive, j’ai assumé le rôle de chef d’unité Geld. »
« Quand je suis arrivé sur les lieux, j’ai d’abord fait une première prise d’informations avec le commandant des opérations de secours, qui m’a reversé sur le secteur incendie », relate Maxence Raymond. « J’ai ensuite réalisé une autre prise d’informations avec les primo intervenants pour mieux connaître la zone d’intervention et comment intégrer le Geld au dispositif déjà présent sur place, ce qui a permis de déboucher sur plusieurs axes de travail. »
Grâce à une bonne communication entre tous les personnels, l’intervention gagne en fluidité. Une donnée majeure, tant « le contexte était pesant car nous savions à ce moment-là que nous partions sur un feu de plusieurs véhicules qui n’était toujours pas précisément localisé. Il n’était donc pas maîtrisé et évoluait de manière progressive », analyse le capitaine Raymond. « Il y avait des enjeux de sécurité pour la population mais aussi pour nous qui intervenions. C’est pourquoi diverses stratégies ont été étudiées. Nous avons d’abord choisi d’intégrer en renfort l’équipage du fourgon pompe-tonne de Pélissanne puis nous nous sommes réorientés vers celui de Salon-de-Provence car le feu se trouvait là où il travaillait. L’équipe Geld est entrée en action, a reconnu l’ensemble du chantier et a pu participer à l’extinction des premiers véhicules. »
Un travail interservices qui a porté ses fruits
« Dans un contexte opérationnel, le Geld se positionne en renfort pour apporter une solution à une problématique toujours en cours », relève Maxence Raymond au moment d’expliquer le rôle de sa spécialité dans ce type d’intervention. « Nous apportons notre savoir-faire et nos moyens techniques sur des chantiers longue durée mais nous n’avons aucun mal à accepter de ne pas éteindre le feu et de rester à disposition du commandant des opérations de secours ou des binômes pour les conseiller sur l’aspect technique ou sécuritaire. »
« On peut dire que c’était une intervention d’envergure pour nous, du fait de la nature même du chantier », renchérit le lieutenant Gilles Gerbal. « Le fait d’avoir des appareils respiratoires circuit fermé a été un plus. Mais si nous avons bien pu travailler, c’est grâce au très beau boulot réalisé avant par les primo intervenants. Il y a eu un vrai travail d’équipe, avec une belle communication de chaque côté et c’était très appréciable. »
Une synergie qui a permis de préserver une trentaine de véhicules des flammes, ainsi que plusieurs appartements. Au plus fort de l’action, 70 Pompiers13 ont été mobilisés, ainsi qu’une trentaine d’engins, pour venir à bout de cet incendie. Le Geld mais aussi les unités de sauvetage-déblaiement ont été dépêchées sur place. Sans oublier des moyens spéciaux comme le robot Colossus et le ventilateur brumisateur grande puissance (VBGP).
Deux sapeurs-pompiers ont été victimes d’un coup de chaleur pendant l’intervention mais ont pu reprendre leur travail sur le chantier après avoir été pris en charge par l’échelon sanitaire. Sur les 85 habitants qui ont été évacués, deux d’entre eux ont été transportés au centre hospitalier de Salon-de-Provence après avoir été légèrement intoxiqués par les fumées.
« Il y a aussi eu un très bon travail interservices, que ce soit avec les équipes de la Ville de Pélissanne, les forces de l’ordre ou la réserve communale de Sécurité civile qui était également là pour nous aider à la prise en charge des personnes impliquées », tient à souligner le lieutenant Arnaud, qui conclut : « Tout cela a facilité la préhension du sinistre par les forces concourantes. »
Notre album photos sur Flickr…
… et le résumé de l’intervention en vidéo !



