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ERP : COMMENT LES POMPIERS13 MISENT SUR LA PRÉVENTION POUR ÉVITER LES DRAMES

À la suite du drame de Crans-Montana, la question de la sécurité dans les établissements recevant du public (ERP) revient sur le devant de la scène. Dans les Bouches-du-Rhône, les Pompiers13 multiplient les actions de prévention pour limiter les risques, tout en rappelant que le facteur humain reste déterminant.

Avant même l’ouverture d’un établissement recevant du public, une commission de sécurité est systématiquement consultée. Présidée par la préfecture, elle réunit notamment sapeurs-pompiers, forces de l’ordre et représentants de la collectivité. Son rôle : vérifier que les normes fixées par le code de la construction et de l’habitation sont respectées. « Le problème, ce n’est pas la réglementation, c’est son non-respect », insiste le lieutenant-colonel Olivier Venel, chef du groupement Prévention des Pompiers13.

Une prévention encadrée, du dossier au contrôle sur le terrain

Dans les Bouches-du-Rhône, 23 sapeurs-pompiers spécialisés sont chargés de cette mission. Leur travail s’organise en deux temps : l’étude des dossiers en amont, puis les contrôles sur site. « On s’assure que les équipements sont bien installés, entretenus et opérationnels, et que l’usage et la destination du bâtiment n’ont pas évolué », précise-t-il. Ces visites, réalisées tous les deux à cinq ans selon le type d’établissement et le public accueilli, permettent de vérifier la conformité des installations. Mais tous les ERP ne sont pas logés à la même enseigne : certains établissements, notamment les plus petits, échappent encore à toute obligation de contrôle périodique.

Sur le terrain, lorsqu’il y a des négligences, les constats sont souvent les mêmes. « Soit les contrôles obligatoires, comme ceux de l’électricité ou du gaz, ne sont pas réalisés, soit les anomalies relevées ne sont pas corrigées », observe Olivier Venel. À ces manquements s’ajoutent des pratiques à risque, parfois banalisées : portes coupe-feu bloquées pour faciliter le passage, issues de secours encombrées ou dispositifs détournés pour des raisons pratiques. « C’est souvent une mauvaise compréhension des règles ou un manque de formation et de sensibilisation », explique-t-il.

Comportements à risque : le maillon faible reste humain

Ces négligences peuvent avoir des conséquences graves, en particulier dans les établissements accueillant des publics vulnérables, comme les hôpitaux, maisons de retraite, hôtels ou pensionnats. « Un établissement mal tenu devient rapidement dangereux », insiste le lieutenant-colonel. Si la responsabilité repose d’abord sur l’exploitant, les autorités locales disposent de moyens d’action. Le maire peut mettre en demeure, voire fermer un établissement en cas de danger. Mais ces décisions restent lourdes et parfois difficiles à appliquer, notamment dans des contextes économiques sensibles.

Face à ces limites, les Pompiers13 insistent sur l’importance des comportements individuels. « Il faut développer une culture de la sécurité civile », rappelle Olivier Venel. Repérer les issues de secours dès son entrée, identifier les signaux d’alarme ou encore anticiper un second chemin d’évacuation sont autant de réflexes essentiels. En cas d’incendie, la consigne est claire : évacuer immédiatement, sans chercher à récupérer ses affaires. « On ne doit pas chercher à trouver la sortie, on doit chercher à la retrouver !», martèle-t-il.

Le drame de Crans-Montana, comme d’autres avant lui, rappelle que le risque zéro n’existe pas. Mais pour les Pompiers13, une certitude demeure : « La sécurité a un coût, mais il sera toujours inférieur à celui d’une vie humaine. »

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