Skip to content

FRÉDÉRIC MAGGIANI : « ON A TOUS UNE RÉSILIENCE AU FOND DE SOI »

Grièvement brûlé alors qu’il était en intervention en 2004, le lieutenant-colonel Maggiani a accepté d’être le parrain d’un gala caritatif organisé par l’association des Brûlés de France au Cercle des nageurs de Marseille, le 28 mai.

C’est un événement qui lui tient à cœur au regard de son histoire personnelle. Jeudi 28 mai, le lieutenant-colonel Frédéric Maggiani sera le parrain du gala caritatif organisé par l’association des Brûlés de France au Cercle des nageurs de Marseille. Une soirée destinée à récolter des fonds afin de venir en aide aux enfants victimes de brûlures et à leurs familles, en finançant des actions concrètes pour améliorer leur quotidien auprès des hôpitaux et des centres de rééducation et réadaptation.

 « Faire le deuil de son ancien corps »

« C’est Charlotte Bottai, avocate de l’association, qui m’a contacté il y a quelques semaines », résume le lieutenant-colonel Maggiani au moment de raconter la genèse de cette soirée. « Je l’avais rencontrée il y a quelques années quand j’étais chef de centre à Aubagne. À l’époque, on avait monté une action avec l’Entraide afin de récolter des fonds pour les Brûlés de France. » Une collaboration qui reprend du service aujourd’hui, avec en toile de fond les évènements de Crans-Montana, le 1er janvier dernier.

« J’ai été sollicité à de nombreuses reprises ces derniers mois pour parler de Crans-Montana », reconnaît Frédéric Maggiani. « Mais si j’ai choisi de prendre la parole, c’est pour aider. Quand j’ai eu mon accident en 2004, il y avait certes Internet mais on ne trouvait rien ou presque sur les grands brûlés. Sauf que dans la reconstruction, on a besoin d’avancer et de comprendre ce qui va se passer après. C’est une période qui est compliquée car on peut être déçu… On peut imaginer un instant que l’on va retrouver sa tête d’avant alors que ce ne sera pas le cas. »

Entre alors en jeu la résilience. Cette force intérieure « qu’on a tous au fond de soi mais que l’on exprime différemment » selon le lieutenant-colonel Maggiani. L’accompagnement joue alors un rôle primordial, qu’il soit d’ordre médical ou familial. « Moi, j’ai eu la chance d’avoir l’accompagnement de mes proches mais aussi celui de la famille des sapeurs-pompiers. Et c’était quelque chose de fort. Quand ta hiérarchie vient te voir en réanimation, où tu es dans un état déplorable, qu’elle te maintient que tu auras toujours ta place et qu’elle tient cet engagement après… Ce n’est pas donné à tout le monde et j’ai eu cette chance-là. »

Avec des amputations, on peut tout faire ! J’écris, je fais de l’informatique, de la maçonnerie, du carrelage… Et ça, il faut l’expliquer.
Lieutenant-colonel Frédéric Maggiani

« Ma résilience s’est exprimée dans cet accompagnement mais aussi dans l’acceptation du deuil de mon ancien corps », enchaîne le lieutenant-colonel Maggiani. « Quand on a un accident, il faut accepter qu’il y ait des choses qu’on ne peut plus faire comme avant. Mais il y a d’autres choses que l’on peut toujours faire… mais en mieux ! On devient une version différente de soi-même et il y a un nouveau champ des possibles qui s’ouvre devant nous. Je dis souvent que c’est comme si on vieillissait un peu prématurément. Il faut l’accepter et c’est là toute la résilience. »

Cette résilience, Frédéric Maggiani l’a couplée à une furieuse envie de vivre. Et il l’a mis à profit à travers des choses simples du quotidien pour démarrer sa reconstruction. « Quand on m’a rouvert les mains après avoir reçu mes greffes, j’ai fait un truc tout bête : j’ai pris une pioche, j’ai creusé une tranchée, j’ai filmé et j’ai envoyé la vidéo au chirurgien en lui disant de regarder ce que je pouvais faire grâce à lui. Avec des amputations, on peut tout faire ! J’écris, je fais de l’informatique, de la maçonnerie, du carrelage… Et ça, il faut l’expliquer. »

Le gala du 28 mai sera donc l’occasion d’échanger comme il se doit sur le sujet tout en abordant aussi la problématique logistique qu’il peut exister quant à la prise en charge des enfants grièvement brûlés notamment lors des cures thermales. « La cure en tant que telle est couverte par la Sécurité sociale, les assurances… Et elle est cruciale puisqu’elle sert, entre autres, à lever les démangeaisons liées à la repousse nerveuse », explique le lieutenant-colonel Maggiani. Qui conclut : « La partie logistique, elle, n’est pas couverte. Et il est évident qu’un enfant ne peut pas aller en cure thermale tout seul. Il lui faut un logement. Et ce n’est pas à la portée de tous selon la période scolaire ou le lieu de la cure. Donc l’idée est de récolter des fonds lors du gala pour les aider, eux et leurs proches, du mieux possible. »

REJOIGNEZ LES POMPIERS13