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RECHERCHES DU PETIT ÉMILE, INTERVENTION RUE DE TIVOLI… PORTRAIT DU SERGENT-CHEF MARIE DOULMET

Interview avec Marie Doulmet, Pompier13 volontaire à Noves – Cabannes et spécialisée dans l’unité cynotechnique du Sdis 13.

Peux-tu te présenter et nous raconter un peu ton parcours ?

Je m’appelle Marie Doulmet et je suis devenue sapeur-pompier volontaire en 2012, d’abord au centre d’incendie et de secours de Châteaurenard puis à Noves -Cabannes. Au niveau professionnel, je suis pompier dans une entreprise privée.

Concernant l’unité cynotechnique des Pompiers13, je l’ai intégré il y a très exactement 8 ans et demi. Pour y entrer, je savais qu’il fallait être Usar (Unité de Sauvetage, d’appui et de recherche) mais cela m’intéressait car c’est de la ‘bricole’ en quelque sorte, avec des chantiers de terrain qui changent de ce qu’on peut faire d’habitude.

J’ai aussi toujours aimé les chiens. Avant, j’avais deux labradors avec lesquels on faisait la chasse aux truffes. Je m’amusais aussi à faire du dressage, des choses toutes simples… Puis, j’ai eu Looping, à qui j’ai fait faire une portée et j’ai gardé un bébé, Phynoo, qui est le chien avec lequel j’évolue dans mon quotidien de sapeur-pompier. C’est parfait pour moi car le cyno est complémentaire à l’Usar et je m’y retrouve.

Comment t’es venue la vocation de devenir sapeur-pompier volontaire ? Est-ce que c’est quelqu’un dans ton entourage qui t’a poussé dans ce sens-là ?

Non, je n’ai personne dans ma famille qui est chez les sapeurs-pompiers. Et à vrai dire, je ne sais pas trop. J’ai une sœur qui est en situation de handicap, alors peut-être que ça a joué dans la balance… Mais il est vrai que depuis toutes petites, ma sœur et moi avons toujours été tournées vers les autres. Nous avions déjà l’envie d’aider. J’ai toujours voulu faire un métier dans ce sens-là. Encore une fois, aujourd’hui, je me régale, que ce soit sur le plan professionnel ou dans mon engagement en tant que volontaire. Et le fait d’avoir toutes ces spécialités y joue beaucoup.

Il faut savoir pourquoi on rentre chez les sapeurs-pompiers et ne pas faire ça juste pour l’uniforme
Marie Doulmet

As-tu l’exemple d’une intervention ou d’une mission qui t’a marquée depuis que tu fais partie de l’unité cynotechnique chez les Pompiers13 ?

Dernièrement, j’ai participé à la recherche du petit Émile. Je ne peux pas trop en parler pour respecter l’enquête qui est en cours mais la disparition d’un enfant, forcément, on pense à beaucoup de choses, on se dit qu’on va le retrouver…

Comme autre mission marquante, je parlerais de ma première intervention en décombre… C’était en 2023, avec les effondrements rue de Tivoli à Marseille. En temps normal, nous faisons beaucoup de recherches de personnes en forêt, surtout vu notre territoire, mais en réalité, le décombre est ce à quoi le chien est destiné finalement. Donc c’était une intervention assez spécifique. Et c’est là qu’on se rend compte, aussi, de la réalité du terrain. Parce que s’entraîner, c’est « facile » : on sait d’avance que la personne qu’on recherche est vivante et que l’on va pouvoir la sauver. Là, c’est la vraie vie, avec la part de stress qui va avec. On se dit : « est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un en dessous de tout ça ? ». Et on fait confiance au chien…

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite s’engager en tant que sapeur-pompier volontaire ?

Les gens qui aiment donner pour les autres sont faits pour cela. C’est un engagement citoyen et il faut savoir pourquoi on rentre chez les sapeurs-pompiers et ne pas faire ça juste pour l’uniforme.

Il faut aussi avoir du temps libre, malgré tout. Notamment pour les formations. Pour prendre notre exemple avec l’équipe cynotechnique, nous avons 150 heures d’entraînement par an donc cela demande de la disponibilité. Il faut savoir aussi qu’on s’entraîne peu importe les conditions météo ! Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, c’est comme dans la vraie vie. Pour nous habituer nous mais le chien également. On se doit d’être prêts.

Nous sommes dans une région où il y a du mistral mais aussi de fortes chaleurs. Par exemple, pour les recherches du petit Émile, je m’en souviens très bien car c’était deux jours après mon anniversaire. Nous avons cherché toute la journée de 6h du matin jusqu’à 2h, 3h du matin le jour d’après. C’était intense.

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