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MAXENCE LEFEBVRE : « ÊTRE SAPEUR-POMPIER VOLONTAIRE TE FAIT GRANDIR ET FRANCHIR DES PALIERS »

Interview avec le sapeur première classe Maxence Lefebvre, Pompier13 volontaire à Lamanon.

Peux-tu te présenter et nous en dire plus sur ton parcours ?

Je m’appelle Maxence Lefebvre, je suis sapeur première classe et ça fait 15 ans que je suis volontaire au centre d’incendie et de secours de Lamanon. Dans la vie de tous les jours, je suis fonctionnaire de police. J’ai fait six ans à Lyon puis j’ai travaillé à Istres et maintenant, je suis affecté à Marignane.

Concernant mon parcours chez les Pompiers13, tout est parti du moment où je me suis installé à Lamanon, avec ma famille. Je voulais m’intégrer au village, connaître les gens… Alors, je me suis inscrit au club de foot. Là-bas, j’ai rencontré deux sapeurs-pompiers volontaires, avec qui j’ai discuté et accroché. Ils m’ont dit que j’avais une bonne mentalité et m’ont demandé si ça ne me tentait pas de les rejoindre. J’ai donc pris contact avec le chef de centre de l’époque, Patrice Castel, qui m’a dit de venir directement à la caserne. J’y suis allé avec mon fils, qui était alors en bas âge, et on lui a donné des crayons de couleur pour qu’il puisse dessiner et s’occuper. J’ai trouvé ça super humain et le courant est immédiatement bien passé. J’ai alors commencé mes premières formations de sapeur-pompier volontaire et depuis, je suis toujours là.

Les années sont passées, le centre a bougé mais le plaisir est intact. Il y a eu une grosse évolution à Lamanon. Avant, on faisait essentiellement des inondations ou des feux de forêt, on bougeait d’ailleurs beaucoup pendant la saison ! On n’avait pas de VSAV donc on était mobilisé uniquement sur du prompt secours et il y avait juste un stationnaire. On faisait vraiment tourner le centre à 20 volontaires… Aujourd’hui, les choses ont beaucoup changé. On est 60 sapeurs-pompiers volontaires, on a un VSAV et depuis presque un an, on expérimente un système de garde sans obligation en semaine qui fonctionne très bien puisqu’il y a presque toujours du monde pour armer l’ambulance. Cela nous permet de venir en caserne sans pression et ça nous aide énormément dans notre engagement.

On a aussi un chef de centre, le lieutenant Marc Adragna, qui est vraiment excellent. Si le centre en est là aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à lui. C’est quelqu’un de super, qui se bat pour nous, qui nous permet d’avoir des formations, d’avancer et d’évoluer en compétences et en grade… même si pour cela, je suis le contre-exemple parfait !

Justement, pourquoi es-tu encore sapeur première classe après 15 ans d’expérience ?

On me pose souvent la question ! C’est un choix de ma part. J’ai vraiment envie d’être à la base, de manœuvrer, de porter les tuyaux… Quand tu passes des grades, tu es amené à prendre des responsabilités de commandement. C’est normal. Mais j’ai déjà ça dans mon boulot à côté, je le vis quasiment tous les jours. Donc pour mon équilibre et mon plaisir, j’ai fait ce choix-là. J’avais ce besoin de mettre les mains dans le cambouis et d’être sur le terrain.

Tu disais tout à l’heure que le centre a beaucoup changé ces dernières années. Comment est l’ambiance dans une caserne composée uniquement de volontaires et avec ce modèle opérationnel qui vous est spécifique ?

Pour moi, c’est un gros avantage. Chez nous à Lamanon, il y a un vrai esprit de famille et la caserne est en quelque sorte un deuxième lieu de vie. Chacun a son expérience personnelle et professionnelle et il met tout cela au service des autres. Par exemple, un collègue a un souci avec sa voiture ou a besoin d’un coup de main pour bricoler, les copains arrivent sans hésiter pour l’aider. Si je peux, je passe tous les jours pour boire le café et voir ceux qui sont présents à la garde.

L’amicale fait aussi énormément pour la vie quotidienne du centre. Ça fait huit ans que je fais partie du bureau, j’en suis le trésorier aujourd’hui et on essaie toujours de maintenir cette cohésion qui est importante. C’est d’ailleurs quelque chose sur laquelle insiste beaucoup notre chef de centre. On n’oublie pas non plus nos anciens, qui sont souvent invités pour des activités et à qui on offre des colis chaque année.

Et puis, personnellement, je trouve qu’on a de très bonnes infrastructures. À Lamanon, on n’est clairement pas à plaindre, d’autant que le centre va encore s’agrandir, notamment pour améliorer les vestiaires des filles… Il y a beaucoup de belles choses à venir, on est bien ici.

Pour conclure, quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite s’engager en tant que sapeur-pompier volontaire ?

De ne pas hésiter ! Bien sûr, il y a des contraintes liées à la famille et il faut en avoir conscience. Moi, je le vois aujourd’hui avec ma femme, qui aimerait parfois passer plus de temps avec moi car les enfants sont devenus grands et il n’y a plus personne à la maison ! Mais d’un autre côté, ça te fait grandir et t’offre la possibilité de franchir des paliers.

Le fait d’être sapeur-pompier te permet aussi d’avoir les bons réflexes, les bons gestes qui sauvent. Ça, c’est une réflexion qui m’a toujours suivie… Imagine qu’un jour, il arrive subitement quelque chose à ton père ou ton fils dans la rue et que tu es à côté. Que vas-tu faire ? Pour moi, ce sont des choses auxquelles on devrait tous penser. Dans ma vie professionnelle, ça m’impacte aussi parce que je sais que je pourrais apporter un plus si jamais il arrive quelque chose à l’un de mes collègues.

Alors, oui, il y a des contraintes à être sapeur-pompier volontaire. Mais il faut savoir bien expliquer les choses et garder en tête que tu évolues dans un milieu où tu trouves avec un vrai esprit de famille. On le voit à notre échelle, à Lamanon.

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