Situé à Marignane, le pélicandrome des Pompiers13 fait partie des endroits clés dans la lutte contre les feux de forêt. Immersion le temps d’un après-midi, mercredi 12 août 2026.
« Nous sommes un peu les pompiers de l’ombre. Mais sur le plan stratégique, un pélicandrome, c’est primordial pour lutter contre les feux de forêt. » Ces mots, ce sont ceux de Jean-Marie Chetboun, responsable des personnels sur le pélicandrome de Marignane. Et ils ne pourraient pas mieux décrire cet outil indispensable pour les moyens aériens, dont le nouveau site, toujours basé à Marignane, est fonctionnel depuis l’été 2024.
Entre six et sept minutes pour un ravitaillement
Pour comprendre l’importance d’un pélicandrome, encore faut-il savoir à quoi il sert. « Lorsqu’il y a un feu de forêt dans le secteur des Bouches-du-Rhône ou dans les départements limitrophes, la Sécurité civile envoie des avions chargés en retardant, notamment des Dash et des Canadair », détaille Jean-Marie Chetboun. « Le but du jeu pour nous, c’est de recevoir ces avions dans un endroit bien précis afin de pouvoir les recharger en retardant pour qu’ils puissent ensuite retourner au feu. »
Une mécanique bien précise à répéter dans le temps. « C’est une remise en question permanente », poursuit Jean-Marie Chetboun. « Il faut que tout le personnel se souvienne parfaitement des manœuvres. Le moindre doute peut être dangereux car nous sommes les seuls autorisés à approcher un avion dont l’hélice est tournante pendant la recharge. Il faut donc se rappeler du moindre détail car tout se fait par geste. Le temps de ravitaillement dure entre six et sept minutes. »
Pour ce faire, le pélicandrome est armé « par six personnels habilités minimum » par jour, « selon le risque feu de forêt et le nombre de guets aériens armés. On peut monter jusqu’à onze selon les conditions », ajoute Jessica Dubois, qui prendra la relève de Jean-Marie Chetboun à partir du 1er octobre. « Notre journée type est la suivante : on est convoqués une heure avant la prise de poste. Les agents arrivent et récupèrent leurs équipements de protection individuelle. Il y a toujours une personne habilitée en charge d’ouvrir la zone côté piste, qui va faire ses vérifications avant de faire rentrer l’équipe. On va ensuite entrer sur la piste, pour dépolluer la zone en quelque sorte, afin qu’il n’y ait pas d’objets ou de pierres qui trainent. On fait également une manœuvre avant de ressortir et puis on reste dans nos locaux, en attendant l’alerte. »
« Les dieux du ciel »
Une alerte qui peut venir, parfois, pour renforcer d’autres départements. « On a récupérer deux Dash affectés sur les feux du Var car ils n’avaient plus de retardant. On a aussi aidé le département du Vaucluse, en rechargeant deux autres Dash », raconte Jessica Dubois, qui ajoute : « La plus grosse journée de l’été 2026, pour l’instant, était début juillet, avec les feux de Rognac et Lançon-Provence, où on a enchainé sept ravitaillements en retardant dans la journée. »
Soit 20 de moins que son record en date… de l’année dernière : « Sur le feu des Pennes-Mirabeau du 8 juillet, nous avions enchaîné 17 ravitaillements. Je peux vous dire que quand vous finissez votre journée, vous êtes lessivés ! », sourit Jessica Dubois, qui n’échangerait sa place pour rien au monde. « Pour moi, les pilotes sont les dieux du ciel. Et nous, nous sommes quelques part leurs anges gardiens au sol. »



