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IMMERSION AUX SAINTES-MARIES-DE-LA-MER : « ON SE DIT QU’ON VA FAIRE QUELQUE CHOSE DE BIEN DANS LA JOURNÉE »

Composé d’une soixantaine de Pompiers13, le centre d’incendie et de secours des Saintes-Maries-de-la-Mer a pour écrin le cadre idyllique de la Camargue. Avec de nombreuses spécificités et, surtout, un personnel engagé au quotidien. Immersion le temps d’une journée, mardi 7 juillet 2026.

C’est « un vœu » datant « d’une bonne vingtaine d’années » que Nadège a pu réaliser, il y a sept ans. En 2019, alors âgée de 41 printemps, elle faisait son entrée dans la grande famille des sapeurs-pompiers, en prenant un engagement en tant que volontaire au centre d’incendie et de secours des Saintes-Maries-de-la-Mer. « Mon papa ne voulait pas à l’époque car il trouvait que c’était un milieu trop fermé et masculin », confie celle qui, petite, voulait déjà être sapeur-pompier. « Finalement, c’est en discutant avec l’un de mes meilleurs amis, qui est sapeur-pompier ici, que j’ai fini par m’engager. Je pensais que j’étais trop vieille mais il m’a dit que non, que je faisais du sport et que j’avais toute ma place ici. »

Un vrai esprit de famille

Aujourd’hui, Nadège est toujours Pompier13, avec le même sourire qu’à ses débuts. « On se sent utile. On se lève le matin, on arrive à la garde et on se dit qu’on va faire quelque chose de bien dans la journée. » Et il faut dire que l’ambiance dans la caserne aide à se sentir chez soi. « On s’entend très bien, c’est bon enfant, beaucoup de bonne humeur et ça pousse à prendre des gardes. D’autant qu’on arrive bien à encadrer les jeunes et à les faire évoluer. Idem pour les saisonniers. Quand ils nous disent qu’ils veulent être avec nous dans l’ambulance, c’est très gratifiant. On sait être sérieux mais ne pas se prendre au sérieux en dehors des interventions. »

Parmi les jeunes, Eliana et Alexandre. Tous les deux ont grandi aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Tous les deux sont devenus amis. Tous les deux ont été jeunes sapeurs-pompiers pendant quatre ans. Et tous les deux sont aujourd’hui Pompiers13 volontaires. « Au début, je suis venu pour Alexandre et mes amis car je voulais les suivre dans cette aventure. Puis finalement, je me suis découvert une vraie passion pour le monde des sapeurs-pompiers », raconte Eliana, qui a eu le déclic. « Quand tous tes samedis matin ne ressemble pas à une corvée mais que c’est juste du plaisir… J’en suis venue à ne réclamer que ça, c’était clairement mon meilleur moment de la semaine. »

Même chose pour Alexandre, qui avant même de commencer en tant que jeune sapeur-pompier, avait « une petite envie d’apprendre le métier. J’aimais déjà bien le côté pompier, l’univers… Pendant ces quatre années, j’ai découvert une bonne partie du métier et ça m’a vraiment plu. » D’autant que la relation avec les « aînés » a toujours été fluide. « Même encore aujourd’hui, on nous pose plein de questions. Pas pour nous embêter mais pour nous aider et pour qu’on soit mieux dans le métier », poursuit le jeune homme. « Cela se voit que nos collègues ont envie de nous apprendre, de nous tirer vers le haut et de nous intégrer. Ils font en sorte que l’on soit bien dans cette famille », renchérit Eliana.

« Avoir le sens du devoir et aimer servir la population »

Cette « famille », Eliana entend bien la préserver et l’agrandir quand l’heure viendra. « J’aimerais à mon tour prendre en charge les jeunes sapeurs-pompiers quand on rouvrira une section. Pour transmettre ce que l’on m’a transmis, cette passion, et les voir réussir comme mes formateurs m’ont vu réussir. » Une fierté et une reconnaissance gratifiantes Karine, qui a participé pendant presque trois ans à la formation d’Eliana et Alexandre. « Je n’avais pas encore validé ma formation d’animatrice la première année donc j’ai pris en cours de route ! Mais quand j’entends ça, c’est super ! Il faut de la jeunesse, de la relève. Cela montre que le travail de transmission a bien été véhiculé. »

Lyonnaise d’origine, Karine a fini par s’installer aux Saintes-Maries-de-la-Mer pour des raisons professionnelles, à la fin de ses études. « Au début, c’était un peu compliqué car un peu insulaire ! Mais j’y ai construit ma vie et j’y suis restée », sourit cette maman au grand cœur, pour laquelle l’engagement est à la base de tout. « Si tu veux rentrer en tant que volontaire, il faut avoir l’envie et la conviction. Rentrer pour rentrer, ce n’est pas intéressant. Il faut avoir le sens du devoir et aimer servir la population. »

Une vision de l’engagement qui permet parfois de compenser un terrain opérationnel assez spécifique, avec très peu de diversité dans les interventions. « Majoritairement, on fait du secours et soins d’urgence à la personne (SSUAP). Cela reste intéressant. Servir la population, c’est chouette », relève Karine, qui n’oublie pas aussi la partie nautique. Car les Saintes-Maries-de-la-Mer, c’est également un cadre idyllique en Camargue, avec une activité sur les plages à surveiller. C’est là qu’intervient Gaylord, 45 ans et ancien sapeur-pompier professionnel pendant plus d’une vingtaine d’année en région parisienne avant de démissionner pour ensuite prendre un engagement de volontaire dans les Bouches-du-Rhône et s’occuper des plages surveillées aux Saintes-Maries-de-la-Mer, avec trois postes de secours armés.

« Je suis arrivé en tant qu’équipier en 2017 pour ma première saison et ça m’a plus. L’année suivante, je suis devenu chef de poste puis j’ai fini chef de secteur », raconte celui qui « aime l’eau depuis tout petit. J’ai un papa qui m’a appris à nager. Et puis, je trouve que les plages, c’est aussi beaucoup de relations avec les gens et de la prévention. » Un domaine sur lequel Gaylord met un point d’honneur : celui de faire passer les bons messages. « Plus on sera bons dans notre prévention, plus on sera en avance et donc moins on aura de risques », souligne-il. Avant de continuer : « Beaucoup de gens pensent qu’on a de la chance de faire la surveillance des plages mais ça reste de bonnes journées sur le plan mental et physique. On est exposés malgré tout au vent, à la chaleur, au soleil… Et parfois, on n’est pas toujours bien accueillis par les gens. Donc il faut savoir garder son calme, avoir du répondant. »

Des interventions « un peu particulières »

Des journées bien remplies sur les plages et donc en caserne, comme le raconte Aurélien, le sous-officier de garde du jour, avec un rassemblement à 7h00. « On prend un moment pour boire le café ensemble puis on attaque les vérifications des engins à 8h30, afin de ne pas gêner et faire trop de bruit pour les habitations qui sont à proximité. » Un moment important puisqu’il permet de donner le tempo de la garde. « C’est primordial de bien faire ces vérifications parce que cela permet de voir si tout est opérationnel, si on est prêt à partir au cas où on est déclenchés et aussi de se remémorer comment fonctionne le matériel, selon si on est affectés au VSAV ou au CCR. »

La journée se poursuit avec une séance de sport placé avant la manœuvre l’été, à cause de la chaleur. « En l’occurrence, aujourd’hui, c’était beach-volley sur la plage et l’attelle cervico-thoracique (ACT) pour l’exercice… et ça tombe bien car c’est au programme de la formation de maintien et de perfectionnement des acquis SSUAP cette année », souligne Aurélien. « C’est une répétition permanente et c’est important de le faire. » L’après-midi, après une instruction à la garde (sauf l’été), chacun est occupé par ses tâches quotidiennes. Avant une ultime séance de sport le soir… si le tempo opérationnel le permet. En ce mardi 7 juillet, une seule intervention a mobilisé les Pompiers13 des Saintes-Maries-de-la-Mer entre 7h00 et 19h00 : une jeune femme victime d’un coup de chaud au camping et transportée au centre hospitalier d’Arles.

« Nous sommes dans un petit centre d’incendie et de secours », relève le lieutenant Vincent Martin, chef de centre. « Sa particularité est due à son éloignement géographique et on réalise environ 1 000 interventions à l’année, avec 1 200 sorties d’engins », poursuit-il au moment de décrire une caserne composée de près d’une soixantaine de Pompiers13 et de 15 engins, dont trois embarcations. L’été, la caserne peut compter sur neuf personnels de garde le jour et sept la nuit et bascule l’hiver à sept sapeurs-pompiers de garde en journée et quatre la nuit. « Mais sincèrement, on s’y plaît. Nous avons un site magnifique avec la Camargue, des interventions un peu particulières parfois, où on est amenés à aller dans des marais pour sauver des animaux ou des gens qui ont chuté à chevaux. » Pas de quoi s’ennuyer en somme.

« On peut dire qu’il y a une ambiance qui est plutôt bonne, avec une très bonne cohésion. Donc c’est un plaisir de venir à la garde », ajoute Vincent Martin, qui souhaite tout faire pour préserver ce liant avec ses personnels. « Je pars du principe que tout ce que je vais tout mettre en œuvre pour aider ou faciliter l’engagement des agents, tout en respectant le cadre qui nous régit. Au plus on est facilitateur de choses, au mieux seront l’ambiance et l’engagement dans le centre », détaille-t-il. Et de conclure : « Par exemple, j’accepte des prises de garde parfois un peu décalées au niveau des horaires car je sais que ça va pouvoir soulager les agents. Notre potentiel opérationnel n’est pas remis en question et je sais que quand l’agent va venir, il sera là avec plaisir. Si on n’agit pas comme cela, ça pousse les personnels à quitter la caserne sur le long terme. »

 

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