Interview avec Maëlle Groslier, détachée par le Pôle SAFE et chargée de projets Innovation pour les Pompiers13.
Est-ce que tu peux te présenter et nous raconter ton parcours ?
Je m’appelle Maëlle Groslier, j’ai 29 ans et je suis diplômée en géopolitique et relations internationales. Mon parcours universitaire m’a notamment conduite à effectuer plusieurs expériences professionnelles au sein du ministère des Armées, d’abord en tant que stagiaire, puis comme vacataire, sur des missions liées aux domaines de la diplomatie et du renseignement.
J’ai ensuite orienté mon parcours vers le secteur de la sécurité civile en rejoignant l’Ensosp (École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers) pendant dix mois en tant que chargée d’affaires européennes. J’ai notamment pu travailler sur un projet nommé RESCUER, dont le but était de développer des solutions technologiques embarquées pour les primo-intervenants afin de les sécuriser.
Après mon passage à l’Ensosp, j’ai été embauchée en tant que chargée de mission innovation, Europe et services aux entreprises au Pôle SAFE, qui est un pôle de compétitivité basé à Aix-en-Provence. À mon arrivée, un partenariat a été mis en place avec les Pompiers13, ce qui m’a amenée à rejoindre le Sdis 13, au sein du groupement Qualité, pilotage et prospectives, en janvier 2025. Je suis détachée à mi-temps par le Pôle SAFE et je m’occupe de tous les projets liés à l’innovation.
Quels sont les projets sur lesquels tu travailles depuis ton arrivée au sein de l’établissement ?
Quand je suis arrivée au Sdis 13, il y a d’abord eu une phase d’acculturation personnelle concernant la structure et l’organisation de l’établissement. J’ai ensuite contribué à structurer les projets liés à l’innovation, au moyen de « fiche projet », à partir des initiatives déjà engagées au sein de l’établissement. Très vite, nous avons pu nous lancer des expérimentations de détection précoce des feux de forêt, engagées à l’été 2025 avec une première entreprise. Puis, cet été, nous avons expérimenté deux autres solutions innovantes. Pour l’instant, nous avons des retours satisfaisants, même si nous savons que cela va encore s’améliorer avec le temps.
Le cœur des projets sur lesquels j’ai pu travailler, c’est la détection précoce des feux de forêt, mais il y a aussi des projets liés aux données satellitaires, à l’intelligence artificielle, sans oublier un projet autour d’un exosquelette… J’ai également l’opportunité de travailler sur des projets européens avec Ambre Carlavan, notamment sur la recherche de subventions. C’est l’occasion pour moi d’apporter mon expérience sur cette thématique, puisque je fais également de la gestion et du montage de projets européens au Pôle SAFE.
Enfin, j’effectue également de la veille sur des projets de sécurité civile et de défense afin d’avoir une vision d’ensemble de tous les projets d’innovation en cours.
Avec l’innovation, il n’y a donc pas le temps de s’ennuyer…
L’innovation, c’est toujours actif ! Il y a des évolutions en permanence et c’est vraiment d’actualité. Il faut évoluer avec les outils qui nous permettraient de gagner en performance et de sécuriser encore davantage les agents sur le terrain.
Quand on travaille dans l’innovation, il y a aussi un travail important à mener sur la conduite du changement, avec une acculturation des utilisateurs finaux aux projets et aux technologies. À mon sens, c’est là qu’il faut mettre l’accent, en collaboration avec les différents groupements et les agents.
L’innovation, c’est aussi l’expérimentation et c’est peut-être une donnée que le grand public, voire certains agents, n’ont pas forcément en tête ?
Oui ! Dans l’innovation, on ne peut pas s’attendre à ce que la technologie fonctionne instantanément. Il faut vraiment qu’il y ait du codéveloppement entre l’entreprise qui travaille sur la technologie et l’utilisateur final.
C’est un cycle très important qu’on a souvent tendance, malheureusement, à mettre de côté parce qu’on veut toujours que ça aille vite. Mais ce travail de fond est très important pour avoir un outil final qui réponde aux besoins. C’est ce qu’on essaie de faire chez les Pompiers13.


